Histoire numérique de la documentation (épisode 2)

Ce que l’on appelle dans ces articles un peu pompeusement « histoire numérique de la documentation », c’est l’histoire d’un réseau qui a été mis en place, si l’on s’en réfère à nos sources, un peu avant les années 2000.

En effet, les archives du site éduscol Documentation font remonter à 1998 les premières réunions des interlocuteurs académiques pour le numérique en Documentation. Lorsque l’on consulte les listes des personnes présentes, on est frappé de reconnaître certains noms…

Premières réunions

Cette première réunion en 1998 pose les jalons d’un réseau. On y aborde la question des technologies de l’information et de la communication dans les CDI, les serveurs académiques et la création de sites disciplinaires académiques, la formation des élèves aux usages d’internet.

Les réunions suivantes permettent de se replonger dans un contexte de numérisation progressive de la documentation : côté pédagogie on y croise les travaux personnels encadrés et l’utilisation pédagogique d’internet, la création du B2i, côté numérique, on assiste aux premières publications, au moteur de recherche Harvest, à la création du site éduscol en 2000, et à la cohabitation de différents sites de référence pour les professeurs documentalistes : Savoirs CDI, Educnet

Les listes des participants à ces séminaires sont disponibles dans les comptes-rendus entre 1998 et 2010. Quelques noms à découvrir :

En 1998, Catherine Besse participe à la première réunion des IATICE (ou IANTE, selon le terme parfois rencontré). Elle est actuellement professeure documentaliste dans l’académie de Versailles. Elle a été très impliquée dans le groupe des formateurs de Versailles et a en charge depuis 2019 plusieurs classes en SNT dans son lycée de Cergy-Pontoise, où elle est également référente numérique.

En 2002, on retrouve Valérie Scholtès-Fournier qui reste IATICE jusqu’en 2009 et qui co-anime toujours le compte Twitter @TiceDocReims avec Sophie Bon, actuelle IAN de Reims.

2006 voit l’arrivée de Didier Mouren, qui sera IATICE puis IAN pour l’académie de Nice jusqu’en 2017.

En 2007, Brigitte Pierrat est IATICE de Créteil et côtoie Katrine Delage, qui sera IAN de Bordeaux jusqu’en 2018.

De 2008 à 2018, on retrouve Christophe Poupet, qui occupera cette mission pour l’académie d’Orléans-Tours.

De 2009 à 2019, Christophe Barbot sera IAN pour l’académie de Créteil et animera durant cette période le compte Twitter du @GREIDInfodoc.

En 2010 : quatre nouvelles têtes. Johann Jambu (toujours IAN) pour Dijon, Magali Lesince (toujours IAN) pour Limoges, Sophie Bon (toujours IAN) pour Reims, et Pierre Nobis (qui gère désormais le dossier EMI avec Brigitte Pierrat et Richard Galin à la DNE) pour Rouen.

Les IATICE (puis les IAN) sont des personnes très investies dans leurs académies : ils sont formateurs, participent à cette période au déploiement des sites académiques en documentation et aux actions d’innovation mises en place par la DGESCO, puis par la DNE.

On retrouve une présentation de leurs différentes missions sur le site éduscol : il s’agit d’un « réseau de plus de 450 enseignants, interlocuteurs second  degré (13 réseaux académiques, 17 disciplines ou enseignements représentés) [qui] contribuent à porter en académie pour leur discipline, les orientations de la stratégie nationale pour le développement des usages du numérique éducatif. »

Les IAN font connaître les ressources numériques éducatives (Éduthèque, banques de ressources numériques éducatives, etc.), les contenus d’accompagnement (Édubase, lettres Édu_Num, etc.) et les projets développés au niveau national par la DNE.

Ils sont associés aux manifestations académiques autour du numérique éducatif.

Ils repèrent des pratiques dans leur académie, dans leur discipline. Ils coordonnent et accompagnent la publication de scénarios pour en rendre compte sur l’espace académique.

Le IATICE – IAN à la croisée des environnements professionnels

Quelle est la date précise de la mise en place de ce réseau ? Nous l’avons vu, les premiers comptes-rendus de réunions remontent à 1998.

Pour les autres disciplines, on peut postuler que le réseau des IATICE est ultérieur à 1985 et au Plan informatique pour tous. On trouve trace sur le site d’actions d’innovation proposées par la DGESCO à partir de 1989 pour les professeurs documentalistes.

Quoi qu’il en soit, le IATICE – IAN est l’un des acteurs que peut rencontrer le professeur documentaliste sur le terrain, arrêtons la date, à partir de 1998.

Si l’on tente de prendre une photographie de l’environnement professionnel de l’époque (soumis de notre part certainement à certaines incertitudes et certains anachronismes), à quoi ressemblerait-elle ?

En 1998

Un professeur documentaliste va côtoyer : son établissement, les enseignants, les élèves et les parents, l’administration, bref la communauté éducative, ainsi que des partenaires locaux : le réseau des CDDP et CRDP, les bassins de profs docs, les librairies et bibliothèques / médiathèques.

Durant les réunions de bassin, il aura l’occasion de rencontrer le IATICE, qui pourra également être correspondant de bassin, formateur, référent TICE (déjà ?) dans son établissement, etc.

Il nourrira ses réflexions via des associations professionnelles (FADBEN, ADBS). Il consultera (déjà ) des revues telles qu’InterCDI (le premier numéro est publié en 1973), Textes et Documents pour la Classe, la Nouvelle Revue Pédagogique ou encore L’École des lettres, pour n’en citer que quelques-unes.

Aujourd’hui, à quoi ressemble la photographie ?

Le professeur documentaliste va côtoyer : son établissement, sa communauté éducative, ses partenaires locaux (ateliers CANOPÉ, bassins de profs docs…) Il côtoiera (ou cumulera les casquettes suivantes) : référent ENT, référent GAR, référent numérique, référent culture, référent laïcité, référent égalité filles/garçons, etc.

Il nourrira au quotidien sa veille avec les revues professionnelles et pédagogiques, les différentes listes de diffusion, les pages Facebook, les comptes Twitter et Instagram (pour ne citer que quelques réseaux sociaux) les sites de mutualisation, les publications de l’APDEN, les brochures du CLEMI, les sites et blogs de profs docs, les ressources institutionnelles et professionnelles.

Dans les réunions de bassin, il aura l’occasion de rencontrer le IAN, qui pourra également être correspondant de bassin, formateur, référent multi-casquettes, dans son établissement, chargé de mission d’inspection, chargé de mission à la DANE, chargé de mission auprès du rectorat, chargé de missions diverses et variées.

Il pourra suivre des formations continues proposées par la délégation académique de formation ou par la délégation académique au numérique ou les journées thématiques et les webinaires proposés par CANOPÉ…

Mise en place d’un réseau et questionnements professionnels

Les réunions des IATICE des années 2000 reviennent sur des dispositifs et des ressources qui ont disparu depuis : on retrouve les itinéraires de découverte, une large part des réflexions est accordée au B2i, avec ses logiciels de gestion et de suivi.

On y assiste à des expérimentations sur l’environnement de travail des élèves, sur des logiciels, sur le cartable électronique des élèves, sur les logiciels libres, sur les intranet d’établissements.

Les réflexions professionnelles tournent autour des métadonnées, des ENT, des outils de communication et de collaboration, et sur la politique documentaire.

La deuxième lettre Tic’Édu qui est publiée en mai 2005 revient pour la première fois sur une édition de ces réunions :

Le compte rendu de la dernière réunion des 26 et 27 janvier 2005 est en ligne :
Intervention de Jean-Louis Durpaire sur les politiques documentaires des établissements scolaires – Points sur les projets du ministère : SCHENE – ENT (Espaces Numériques de Travail) – Présentation de projets académiques – Compte rendu des ateliers : recherche documentaire – évaluation des politiques documentaires – Intervention de Gérard Puimatto et Dominique Cavet sur le thème de la documentation dans le contexte numérique…

Elle témoigne bien des deux aspects de la mission des IATICE – IAN : se tenir au courant de l’information institutionnelle et la communiquer en académies d’un côté, et faire remonter à l’institution les actions du terrain, avec la présentation de projets académiques.


Sources (autres que le site éduscol Documentation) :

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