De la documentation oui, mais de l’humain avant tout !

Article proposé par Magalie Bossuyt, professeure documentaliste (Académie de Montpellier)

Sacrée Juliette ! Pourquoi sacrée Juliette ? Parce que cette coquine nous pousse à nous plonger dans nos passés professionnels à tour de rôle. Et lorsque l’on regarde par-dessus son épaule, que l’on voit le long chemin parcouru, on ne peut s’éviter de prendre un petit coup de vieux…

Alors merci Juliette, pour ce petit voyage dans le temps qui nous oblige aussi à tisser les liens entre toutes nos vies de professeures documentalistes. Car en 26 ans, je peux dire que j’en ai eu plusieurs et c’est ce que je vais vous conter ici.

Tout part du Quipu !

Puisque je dois remonter aux origines premières de ma vocation pour la documentation, je crois qu’il va falloir faire un peu d’archéologie… 

Petite, je voulais être saxophoniste ou dessinatrice, je passais aussi des heures devant le tennis, le basket ou encore le Tour de France et surtout à lire. Rien ne me prédestinait donc, à entrer dans le monde de la documentation !

Et pour cause, le CAPES n’existait pas encore et dans mon collège, il n’y avait pas de CDI.

Le premier déclic (totalement inconscient) a été une remarque de ma professeure d’espagnol, Mme Rabier, en classe de 4e (tiens, premier point commun avec Blandine) lors d’un cours sur les Incas. Elle était épatée par ma connaissance de cette civilisation et les explications que je donnais sur le Quipu : “mais comment sais-tu tout cela ?”.

Ça n’a l’air de rien aujourd’hui, car en sortant son smartphone, n’importe qui peut savoir ce qu’est un Quipu. Mais dans les années 80, en pleine campagne poitevine, dans un tout petit collège rural, sans CDI, et en plein cours d’espagnol, c’était quelque chose !

Je ne m’étais pas rendue compte que ce que je faisais : classer dans un calepin des mots-clés par ordre alphabétique, en y adossant le numéro et la pagination d’une revue et d’une encyclopédie y faisant référence, était une opération documentaire.

Moi, ce que je voulais, c’était juste retrouver rapidement les informations qui m’intéressaient pour faire les exposés demandés au collège. Je pensais même que tout le monde avait cette pratique.

Vous me trouvez naïve ? Je précise que mes parents, ouvriers tous les deux, n’ayant pas fait d’études (ils se sont arrêtés avant le collège), ne pouvaient pas m’ “aider” mais  attachaient beaucoup d’importance à l’école et ont tenu à m’offrir “Le Savoir” en dépensant une fortune dans l’encyclopédie à la mode de l’époque, en plus de l’abonnement à une revue pour enfant. Un classique à l’époque…

Cet épisode est alors passé inaperçu, si ce n’est que j’étais très satisfaite d’avoir su répondre à une question sur le Quipu…

© Sarahh Scher https://smarthistory.org/author/dr-sarahh-scher/ 

Ensuite, au lycée (un lycée tout neuf au doux nom de “Bois d’Amour”), je suis allée très peu au CDI (sauf pour lire l’Équipe à la récré). Je le regrette maintenant car c’est une des pionnières de la documentation qui y officiait à l’époque :  Colette Ring (une ancienne collègue de mon ami Paul Rouffia @PRouffia, le petit monde…). 

C’était en 1989, et beaucoup de choses bougeaient dans le monde de la documentation, mais je n’en avais absolument pas conscience. Notre charismatique professeur d’histoire-géographie, M. Royer, lui, essayait de nous ouvrir les yeux, dans ses cours, en nous incitant à une plus grande curiosité intellectuelle (voire plus, je me souviens d’un “non-cours” sur l’amour), mais aussi en nous emmenant au CDI pour y travailler “différemment”. Il nous a même incité à faire grève pour garder notre “prof-doc” qui était appelée sous d’autres cieux…

Nous avons gagné, elle est restée !

Un an plus tard, et l’amour aidant (et oui le premier grand amour peut aussi compter dans la vie professionnelle) je rencontre une “folle” équipe dans l’antre de la documentation, le CRDP de Poitou-Charentes (la maman de l’amoureux en question y travaillant), nous étions en 1990 et j’entendais vaguement parler Documentation, Memolog et CAPES…. 

Les graines étaient plantées mais dans un terreau plutôt scientifique puisque je préparais le Baccalauréat C (Mathématiques et Physique).

Le chemin, pas du tout linéaire, a continué en Faculté de Sciences Économiques à Poitiers, où, pour le coup, je passais ma vie à la Bibliothèque Universitaire.

Et là, ça m’est tombé dessus, d’on ne sait où, j’ai pris conscience que je voulais passer ce fameux CAPES de Documentation dont mon inconscient avait entendu parler, parce que justement, il me “parlait” (la recherche documentaire, accompagner les jeunes, la curiosité intellectuelle…).

Licence en poche, je fonçais tête baissée dans la préparation du concours, non pas à l’IUFM de Poitiers (mythique à l’époque), car je n’avais pas le bon profil, je rappelle que j’étais scientifique et non littéraire (si, si, c’est la vraie raison, je l’ai su après), mais à l’IUFM de Tours.

Et c’est comme cela qu’en 1995, je suis entrée dans le petit monde de la Documentation, en obtenant le CAPES, présidé par M. Toulemonde, un président attentionné et rassurant, pour les candidats effrayés que nous étions.

Je n’ai pas regretté, l’IUFM de Tours avait une joyeuse équipe mixte de Basket qui m’a apporté beaucoup de joie. Je sais que cela étonnera beaucoup ceux qui me connaissent bien, physiquement j’entends…

Les premières années : des fondements à SDF de la documentation

Si parmi mes enseignants à l’IUFM, j’ai retrouvé, avec bonheur, pour sa réflexion qui me stimulait, un des membres du jury qui m’a “octroyé” le CAPES, Daniel Fondanèche (tiens, encore un lien avec Blandine), j’ai par contre provoqué le désespoir de ma tutrice, effarée par tant de lacunes des classiques littéraires…

Et puis, il a fallu jouer le jeu des mutations et “monter dans le nord”, au centre de ressources de l’IUFM de Reims, plus précisément (tiens, tiens, je crois que l’on en reparlera tout à l’heure), dans un premier temps, puis au CDDP de Châlons-en-Champagne (tout nouveau nom donné cette année là à Châlons-sur-Marne), 15 jours plus tard (une petite erreur administrative).

C’était ma première déconvenue car je n’obtenais pas de poste en CDI mais, comme le destin fait bien les choses, il m’a permis de rencontrer mon mentor es documentation, Marie-Hélène Romedenne, d’une rigueur légendaire, qui m’a tout appris, réellement et pratiquement, des techniques documentaires. Motbis est devenu mon meilleur ami ! Tout comme BCDI 1 qui venait de naître.

Et, cerise sur le gâteau, elle m’a aussi fait participer à l’organisation du prix de la première œuvre de littérature jeunesse que le CDDP organisait. Un petit caillou qui restera longtemps dans ma chaussure, jusqu’au défi Babelio…

Bénéficiant de la petite erreur administrative de première affectation, j’ai pu réintégrer rapidement l’académie d’Orléans-Tours et un premier poste au lycée Maurice Genevoix à Ingré où j’ai eu la chance de travailler avec Christine Lefaucheux, une équipe de jeunes profs investis avec qui je partageais journées, soirées et week-ends, des élèves merveilleux, surtout les Bac Pro Maçon dont je me souviendrai toujours et une prof d’arts appliqués avec qui nous montions des expositions toutes plus magnifiques les unes que les autres. 

C’était le début de la folie « Manga » et nos chers Bac Pro maçonnerie géraient tous les vendredis le club Manga dans la salle du fond du CDI (films, prêts, budget, équipement des livres). Des perles, je vous dis !

Et là, patatra, le rectorat m’envoie faire un remplacement de chef d’établissement à Patay (ville où il est dit que Jeanne d’Arc arrêta les anglais). Au final je me retrouvais en salle d’études avec les surveillants à rattraper mon retard en littérature classique…

Mais grâce à la pétition de mes chers élèves de maçonnerie (parce que les mangas c’est la vie quand même), Gwendal en tête (lui aussi je m’en rappellerai), je n’y suis restée qu’un mois et demi.

J’ai donc découvert que le statut de TZR, créé cette année-là, n’était finalement pas, comme on me l’avait vendu, le même que celui de titulaire académique qui nous octroyait la chance de rester sur un poste à l’année. 

Par la suite, j’ai testé le remplacement de 3 jours au mois de juin au lycée de Pithiviers, dont le bar de la gare fait de très bons sandwichs.

Et pour finir, j’ai obtenu un poste de TZR au lycée Henri Brisson de Vierzon, ville qui n’était absolument pas dans mes vœux. Vous l’avez compris, je souhaitais rester avec la fine équipe du lycée d’Ingré et les élèves maçons…

Vous voyez venir la suite ? Je commençais à nourrir une petite rancœur vis-à- vis des affectations administratives.

Ni une ni deux, j’ouvre le B.O., le fameux, à la recherche d’autres horizons…

Et c’est là que l’on voit que les expériences, même subies peuvent servir tôt ou tard… Je décidais de postuler pour le CDDP de Carcassonne, ville qui m’était totalement inconnue et où je ne connaissais personne. Je ne l’avais découverte qu’à travers le fameux Taratata de Nagui, l’émission ayant eu lieu dans la cité en 1997, ce qui m’avait marquée.

Ayant obtenu le poste, je décidais de poser enfin mes valises en Terre Cathare.

Le CDDP de Carcassonne, nouvelles expériences, nouvelles responsabilités

Au CDDP de l’Aude, j’ai été nommée responsable de la médiathèque. J’y ai appris la rigueur en gestion, le travail au sein d’une équipe élargie (librairie, délégué pédagogique itinérant, édition, informatique, audiovisuel), le management de l’équipe de la médiathèque (une vingtaine de personnes que j’ai dû former en 10 ans), les animations pédagogiques avec les enseignants du 1er degré, ceux avec qui j’ai le plus travaillé, et l’animation du réseau des professeurs documentalistes de l’Aude. 

Dans cette équipe, qui est devenue ma famille de substitution, je n’avais qu’eux ici, c’est Hélène Delpoux, ma maman locale, qui a su me guider et me faire prendre confiance en moi, encore une belle personne dans mon parcours.

Et puis, il y a eu, surtout, la formation des collègues profs docs, notamment sur BCDI. Ah, les séminaires au CRDP de Poitiers, qui me permettaient de revoir Marie-Helene Romedenne (voir l’épisode précédent) et de rencontrer tous les autres formateurs de France et surtout surtout la fine équipe poitevine, si chère à mon coeur. Notamment, Christelle Fillonneau, Eric Leseint, Dominique Tascher, Frédérique Neveux, le fantasque Francois Feyler et l’incroyable Michel Ganguillin (“pof pof on pose tout et ça loge”), ah les soirées de séminaire dans le cloître… Quel souvenir !

Une expertise acquise du logiciel documentaire  que j’ai pu partager avec mes collègues audois pour harmoniser les pratiques et les compétences de chacun, et même aboutir à la création d’une base commune, toujours en service aujourd’hui (petite fierté) et surtout, je pense, fédérer une équipe de profs docs dans ce département. C’est, je crois, de là que découle cette belle solidarité qui caractérise le groupe audois.

Ce n’était pour moi que le début de l’expérience de la formation pour adultes, que je continue à pratiquer depuis. Et pourtant, la première fois, lorsqu’à 25 ans, mon directeur, M. Hortala, m’a demandé d’animer ma première journée de formation auprès des profs docs de l’Aude, la grande timide que j’étais a bien cru “mourir”.

Depuis le début, vous remarquerez que je cite beaucoup de noms, ceux des personnes rencontrées au fil des postes que j’ai occupés. Pour moi, c’est le fil conducteur : l’humain est mon moteur et les belles rencontres ma motivation. 

Et dans cette équipe de profs docs audois, j’ai été servie car non seulement, la solidarité et le partage sont leurs valeurs principales, mais la compétence et la bonne humeur sont toujours présentes.

Je ne citerai que la première que j’ai rencontrée, Véronique Gardair, car elle est toujours à mes côtés, et elle est de toutes les parties. Mais vous connaissez sans doute aussi Bénédicte Langlois, Paul Rouffia cité plus haut (souvenez-vous, avec Colette !), Marie Alvaro (qui m’a succédée au CDDP), Dominique Angelvy…..  (euh, c’est pas non plus un générique de cinéma, n’est-ce pas Juliette, je m’arrête donc là)

Très rapidement, j’ai dû assurer l’intérim de direction du CDDP, pendant 1 an. Une nouvelle responsabilité, qui, encore une fois, s’est faite un peu dans la douleur mais m’a appris beaucoup pour la suite, sur les rouages du travail de direction et c’est toujours utile dans la vie.

Le CDDP de l’Aude dépendait du CRDP de Montpellier, aussi, je traçais souvent la route vers la capitale régionale pour des projets plus importants, dont un que j’aimerais évoquer ici, parce que c’est un des premiers sur lequel j’ai collaboré avec la brillante Valérie Michel. 

Il s’agissait de jeter les bases de l’outil de description des ressources numériques de l’enseignement scolaire : le Scolom.fr. Et à ce moment-là, c’était tout nouveau. Le travail sur les métadonnées n’existait que dans les pays anglo-saxons.

Mais l’intelligence hors norme, ainsi que la modestie étonnante de Valérie nous a permis de proposer une maquette qui est le fondement de l’outil utilisé encore aujourd’hui. Valérie nous a malheureusement quitté mais je pense qu’elle n’a pas servi de modèle qu’à moi car derrière ses airs de ne pas y toucher, je la revois encore comprendre avant tout les monde les nouvelles notions qui nous arrivaient d’ailleurs (le web par exemple) et surtout en saisir immédiatement ce qui allait en découler.

J’ai rarement été aussi admirative d’une personne.

Je suis, bien sûr, obligée de vous parler de la petite nouvelle qui venait d’arriver au CRDP, celle qui est devenue mon amie, très chère, un bourreau de travail et d’organisation, une formatrice hors pair : Barbara Loup ! J’ai eu la chance de travailler quelques années avec elle, mais je suis surtout ravie de l’avoir gardée comme amie.

Et puis, le désir de retrouver les élèves et l’envie de retrouver la pédagogie, se sont fait sentir, j’ai donc pris la décision de revenir en établissement scolaire et ma troisième vie professionnelle a commencé au lycée Jules Fil où je suis toujours.

Jules toujours sur le Fil des innovations, expérimentations et  projets 

En arrivant au lycée Jules Fil (gros lycée polyvalent de 2000 élèves), je retrouvais avec plaisir les élèves de la section professionnelle avec qui je multipliais les projets (lecture, écriture, prévention illettrisme, confiance en soi, lutte contre le décrochage, expression orale). L’excellente Monique Royer a eu la gentillesse de me consacrer un portrait dans les cahiers pédagogiques.

Je découvrais un lycée déjà très engagé dans le numérique : une volonté du chef d’établissement Jérôme Rallo et un investissement important de son secrétaire Laurent Bouyssou (ancien collègue du CRDP de Montpellier, que je retrouve ici, encore une fois, le petit monde), nous étions en septembre 2009. 

Quand ma pratique se limitait au logiciel documentaire et aux échanges de données documentaires, le lycée lui développait un site, sous SPIP, très consulté et des comptes sur les réseaux sociaux très suivis : une page Facebook et un compte twitter suivi par plus de 3000 personnes, une référence à l’époque.

Evidemment, dès 2010, cela me titillait et je décidais de me pencher sur le sujet. Je créais un compte twitter personnel (@saomalgar) pour découvrir la bête, difficile à dompter au début pour moi. Que voulait dire ces # et autres #FF ? Je n’ai pas tardé à maîtriser le langage et surtout à comprendre qu’il ne fallait PAS lire tous les tweets de la TL (à l’époque anté-chronologiques) 😀 

Dès ma deuxième année au lycée, Marie-Claude Lacaze, ma nouvelle collègue, arrivait sur le second poste du lycée, encore des retrouvailles (le petit monde, toujours…) puisque je la connaissais des journées de formation des profs docs au CDDP. Et depuis, on peut dire que l’on est devenues un vieux couple qui se complète plutôt pas mal (je suis assez nulle en aménagement d’espace par exemple, alors que franchement, elle y excelle).

Petit à petit je créais mon réseau de profs docs, de passionnés du numérique, de profs innovants, @frompennylane alias Laurence Juin par exemple m’a beaucoup inspirée. Mais surtout je rencontre @friscote alias Christophe Herlory qui devint rapidement mon meilleur ami virtuel puis IRL (encore un mot découvert cette année là), avec qui j’échangeais beaucoup sur la pédagogie et le numérique mais aussi sur le tennis (ceux qui me suivent savent de quoi je parle, je m’emballe vite pour Roger Federer et son magnifique revers, quoi de plus beau ?).

Je commençais à entrevoir l’utilisation possible d’un tel outil et je créais donc un compte pour le CDI (@cdijulesfil) et une twittclasse (@julesfiLire), que j’utilisais pour les projets (orientation, lectures, prix littéraires, surréalisme, twitthaïkus, booking project, tweetlive etc.) et pour rencontrer d’autres profs docs avec qui collaborer.

Je commençais à lire énormément, de la littérature jeunesse notamment, et je multipliais les projets littéraires avec les collègues de discipline, pour mon plus grand bonheur. Mais je devais trouver un moyen de mettre en valeur le fonds du CDI et proposer mes avis de lecture aux élèves, je me suis donc mise en quête d’un outil numérique pour stocker mes chroniques (les avis de lecture n’existaient pas encore sur Esidoc qui venait de débarquer cette année-là). J’ai alors rencontré la plateforme Babelio. Puis Hélène Mulot, à qui j’ai parlé de mon idée de défi, lors d’un atelier que j’animais au séminaire de l’ANDEP à Agde, m’a questionnée sur cette idée, que j’ai commencé à mettre en forme dans ma tête. Le défi, c’est donc un peu grâce à elle.

En parallèle, je continuais les formations pour les collègues, mais grâce à mon ancien Inspecteur, Jean-Pierre Véran, j’ai animé, avec lui et Barbara Loup un atelier au Plan National de Formation, sur un nouveau sujet qui m’a par la suite fait voyager et rencontrer encore de nouvelles personnes :  

Le CDI et les réseaux sociaux : une présence numérique assumée   http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article497 (présentation déclinée de nombreuses manières à Paris, Besançon, Lyon, en Poitou Charentes…)

M. Michel Reverchon Billot, IGEN, m’a aussi proposé pendant quatre ans d’animer, à l’IH2F, une demi-journée de formation par an auprès des nouveaux IA-IPR EVS lauréats du concours, sur le métier de professeur documentaliste. J’ai beaucoup apprécié cette preuve de confiance. 

Il est également venu observer une séance du défi Babelio afin d’alimenter le guide des bonnes pratiques en lycée professionnel 

Petit à petit, les casquettes commençaient à se multiplier et les sollicitations à exploser.

Une multiplication des missions et des expériences

Une sollicitation inédite est venue s’ajouter à celles des formations : la participation à l’écriture du guide tice des professeurs documentalistes, coordonné par Denis Tuchais paru au CRDP de Paris. Bon, vous commencez à connaître le refrain du “petit monde”, Denis était un ancien collègue prof doc de Carcassonne… 

Un exercice difficile que l’écriture d’un chapitre dans ce livre. C’était une première pour moi, et mon binôme de relecture était tellement brillant et son écriture si fluide et créative que je mesurais que je n’avais pas du tout vu tous les enjeux du métier. 

Vous voulez savoir qui est ce brillant poète ? Allez, je vous le dis, il s’agit de Denis Weiss. Mais si vous le connaissez ! Tahitidocs, c’est lui, emi.re aussi ! Vous voyez ma chance…

Presque en même temps, le Moocdoctice a vu le jour à Besançon et j’ai participé à la première édition de cette nouvelle façon de travailler. Un Mooc pour les profs docs utilisant et faisant utiliser de nombreux outils numériques afin de produire des séances pédagogiques innovantes. Une mine d’informations, de connaissances et de rencontres encore une fois. J’y ai découvert “le webinaire”, que nous avons réutilisé par la suite dans le défi Babelio.

De fil en aiguille, suite à toutes ces formations dispensées aux quatre coins de l’hexagone, ma participation au guide tice, j’ai été appelée à participer au jury du CAPES externe de Documentation, en compagnie de ma comparse Barbara Loup, pour représenter l’académie de Montpellier.

Un défi pour moi qui ne me sentais pas du tout à la hauteur de la tâche, mais surtout une chance incroyable de recruter les nouveaux collègues et de rencontrer IRL tous les amis twittos avec qui j’échangeais et collaborais depuis 3 ans.

Mettre des visages sur des pseudos twitter était assez jubilatoire ! Et après les longues journées d’interrogation des candidats, les soirées de décompression et de débriefing étaient les bienvenues  avec les autres membres du jury qui allaient devenir une autre famille. Évidemment c’est là que j’ai rencontré Juliette, vous l’avez compris, mais aussi notamment Sandrine Geoffroy et Stéphane Amelineau, avec qui j’ai monté la séquence « Décoder un objet de controverse : hold up”. Stéphane fait d’ailleurs partie des pilotes du défi Babelio. La liste est longue des belles personnes rencontrées alors, mais nous restons en contact et parfois travaillons même ensemble. Cette « famille », même à distance, reste importante.

Autre famille importante, celle des profs docs du cercle d’études EVS à Montpellier que j’ai intégré suite à  ma prise de fonction dans la mission de PFA en documentation, en 2015. Quelques mois plus tard j’ajoutais aussi la mission de Chargée de mission d’inspection, que notre nouvel inspecteur, Frédéric Blasco, m’avait confié. En une année avec lui, la physionomie du monde des profs docs de l’académie de Montpellier a énormément changé.

Dans ce cercle, il y a ceux dont je vous ai déjà parlé, Véronique Gardair, Paul Rouffia, Marie Alvaro, Bénédicte Langlois… Et ma sœur “jumelle”, de cœur, Alix Frediani ! A partir de 2015, je ne ferai plus un pas sans elle.

Et avec elle, nous sillonnerons les routes d’Occitanie pour accompagner et/ou visiter les professeurs documentalistes stagiaires, les personnels en poste adapté ou en reconversion et les contractuels. Nous construirons des maquettes de formation pour former le plus complètement possible au métier de professeur documentaliste.

Avec Alix, nous préparerons de façon très intense, ensemble, le CAFFA que nous obtiendrons en 2016.

Avec l’équipe du cercle EVS, nous proposerons de nombreuses formations et surtout nous postulerons aux TRAAM sur la thématique des espaces et du temps scolaire hors cours.

De ce TRAAM, qui nous a permis de retrouver Juliette en chef d’orchestre, découlera l’écriture d’un livre (le 2e pour moi) sur le Design Thinking, coordonné de main de maître, cette fois, par Véronique Gardair.

Présentation des TRAAM à Ludovia (vidéo).

Enfin, c’est grâce à la confiance établie dans ce groupe, que j’ai accepté de coordonner l’équipe de formateur pour la préparation au CAPES interne en documentation, pour la première fois cette année 2020-2021. Le travail a été intense, très dense mais la cohésion de l’équipe et sa capacité de travail, d’échanges (même le soir tard ou le week-end, en visio) a été largement à la hauteur. Et cette année d’effort intense a encore largement soudé cette équipe, renforçant les liens. 

Au moment où j’écris nous attendons les résultats, mais toute l’équipe est derrière nos 4 admissibles qui ont travaillé d’arrache-pied en suivant toutes nos directives, même lorsqu’elles n’en pouvaient plus.

Le défi Babelio

Je terminerai évidemment en vous parlant de “mon bébé”, le défi Babelio, dont je ne vais pas refaire l’historique que vous retrouverez sur l’excellent site Docs pour docs ou directement sur le site Babelio (interview). 

Ce défi lancé à 5 établissements, en 2013, en testant des scénarios et des outils, a pris une telle ampleur que nous devons maintenant avoir une organisation très rigoureuse, un planning précis au long de l’année pour les 3 niveaux de lecture (junior, ado et ado+). L’équipe des pilotes a dû évidemment aussi évoluer pour accompagner le nombre croissant d’inscrits, nous sommes donc 6 pilotes (2 par niveau) à “temps plein” et 2 “électrons libres” qui viennent renforcer les équipes lorsque c’est nécessaire.

Si ce défi nous prend beaucoup de temps, nous tenons à ce qu’il reste totalement bénévole et basé sur la simplicité de notre organisation, sur notre temps libre, car pour nous la littérature jeunesse est une passion que nous souhaitons transmettre aux jeunes.

De plus, au fil des années nous avons noué une telle complicité entre nous, que nous parlons ensemble presque tous les jours via les réseaux, messages et autres mails, et nous nous retrouvons tous les ans au salon de littérature jeunesse à Montreuil. C’est l’artisanat de ce défi et notre proximité qui en fait aussi son charme. C’est de pouvoir compter les uns sur les autres, au quotidien, qui rend ce défi collectif original, et qui nous permet de transmettre aussi des valeurs humaines aux élèves que nous accompagnons. Et nous le voyons chaque année, lorsque les élèves terminent le défi, ils ne sont plus les mêmes, une réelle “solidarité classe” s’est instaurée. 

La famille défi, c’est un groupe de filles (Caroline, Muriel, Dany, Sandra, Béatrice, Marion et moi) et Stéphane notre rockeur au coeur tendre et sur la main, et dans nos réunions de famille, nous invitons de plus en plus, aussi, des auteurs qui parfois sont sélectionnés dans les défis et que nous croisons sur des salons, dans des rencontres avec les élèves, avec qui nous échangeons sur les réseaux… 

J’en profite pour saluer la gentillesse, la modestie et le grand professionnalisme de Guillaume Teisseire, co-fondateur de Babelio, car il est toujours à notre écoute, nous l’embêtons souvent pour des soucis techniques et il répond toujours présent. 

Présentation à Ludovia https://youtu.be/KzVl2MVjchE Interview de Juliette !

Dany et moi à Ludovia

Une partie de l’équipe du défi au salon de Montreuil.

Ainsi la documentation fait partie de mon ADN et ce sont les belles rencontres que ce métier à provoquées qui me font l’adorer encore et encore.

Une réflexion sur “De la documentation oui, mais de l’humain avant tout !

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